dimanche 28 septembre 2014

Les livres que je veux ou dois lire

Pile à lire d'automne ! (1)

Bonjouuur !

Je viens aujourd'hui présenter ma pile à lire d'automne. Je sais pertinemment, à vrai dire, que je ne lirai pas tous ces livres : j'ai un rythme de lecture plutôt lent, j'aime bien prendre mon temps, en semaine je me consacre surtout à mon travail, il n'y a guère que le week-end et durant les vacances que je lis. J'ai donc décidé de sélectionner dix romans parmi les soixante-dix (plus ou moins) qui attendent d'être lus, bien qu'en étant absolument incertaine de tous les lire. Je viens vous les présenter un par un, en vous fournissant le résumé. Ceci dit, je vais faire deux articles où je présenterai chaque fois cinq ouvrages, pour ne pas que cela soit trop long, je vous présenterai sans doute la deuxième partie la semaine prochaine.

1. "Alcools", d'Apollinaire.


"En 1912, Apollinaire publie Alcools, son premier recueil, qui rassemble quinze ans de poésie. S'il est alors influencé par un symbolisme sur le déclin, il s'en démarque par d'audacieuses innovations : la ponctuation disparaît et des inventions récentes, comme l'avion ou l'automobile, font leur entrée en poésie. Mais Alcools est aussi une œuvre contrastée, où la tour Eiffel et le pont Mirabeau côtoient des champs de colchiques et des forêts légendaires, où l'agitation du progrès se mêle aux motifs consacrés de l'amour perdu et du temps qui passe. Tantôt clairs comme le son des cloches rhénanes, tantôt sombres comme les geôles de la prison de la Santé, ces poèmes ouvrent la voie à un nouveau lyrisme. Partagés entre tradition et modernité, ils reflètent la créativité bouillonnante d'une époque sur le point de basculer dans le chaos de la Grande Guerre."


Ce roman m'a été offert par Tina (dont j'ai déjà parlé dans ma présentation, merci à elle ♥) lors d'un séjour à Paris que nous avons effectué en juillet. Il est grand temps que je lise ce recueil, ce sera le premier Apollinaire que je connaîtrai ! Je pense que lorsque j'en ferai la chronique, ce serait une bonne idée de mettre les deux ou trois poèmes que j'ai préférés, j'espère que ça vous intéressera. Cela fait quelques mois que je n'ai pas lu de poésies (les dernières ont été "Les Fleurs du Mal" de Baudelaire en mai).

2. "Antigone", de Jean Anouilh.

"L'Antigone de Sophocle, lue et relue et que je connaissais par cœur depuis toujours, a été un choc soudain pour moi pendant la guerre, le jour des petites affiches rouges. Je l'ai réécrite à ma façon, avec la résonance de la tragédie que nous étions alors en train de vivre. 
Jean Anouilh."

Ça m'embarrasse un peu de lire la "reprise" avant l'original de Sophocle, mais je n'ai pas envie d'attendre et il ne sera jamais trop tard pour lire la première version. Je suis une très grande passionnée de théâtre, j'en ai joué durant six ou sept ans et j'adore toujours autant les coulisses, les scènes et les petites loges de l'étage. J'espère que cette pièce saura être à la hauteur de sa renommée ! Je pense que ce livre fera partir de ceux qui seront lus à coup sûr, d'autant qu'il est plutôt court. Si certains ou certaines l'ont lu, qu'ils n'hésitent pas à me faire part de leurs impressions, j'adore vraiment recevoir des avis sur les livres ! Dites-moi aussi si vous avez préféré l'original de Sophocle ou bien cette reprise d'Anouilh, et aussi si l'histoire reste la même dans les deux cas, si ça ne vous gêne pas !

3. "Caligula", d'Albert Camus.
"Caligula, prince relativement aimable jusque là, s'aperçoit à la mort de Drusilla, sa sœur et sa maîtresse, que "les hommes meurent et ils ne sont pas heureux". Dès lors, obsédé par la quête de l'absolu, empoisonné de mépris et d'horreur, il tente d'exercer, par le meurtre et la perversion systématique de toutes les valeurs, une liberté dont il découvrira pour finir qu'elle n'est pas la bonne. Il récuse l'amitié et l'amour, la simple solidarité humaine, le bien et le mal. Il prend au mot ceux qui l'entourent, il les force à la logique, il nivelle tout autour de lui par la force de son refus et par la rage de destruction où l'entraîne sa passion de vivre. Mais, en postulant que la vérité est de se révolter contre le destin, son erreur est de nier les hommes. On ne peut tout détruire sans se détruire soi-même. C'est pourquoi Caligula dépeuple le monde autour de lui et, fidèle à sa logique, fait ce qu'il faut pour armer contre lui ceux qui finiront par le tuer. Caligula est l'histoire d'un suicide interféré. C'est l'histoire des erreurs la plus humainement et la plus tragiquement retranscrite."

Encore du théâtre, oui... J'ai vraiment envie de me replonger dans ce genre d'écrit que j'ai toujours aimé, comme je vous l'ai dit ! Ce livre sera mon premier Camus, et m'a été vivement conseillé par un ami qui, lorsque je lui avais montré ma pile à lire, m'avait directement indiqué que Caligula faisait partie des ouvrages qu'il tenait absolument à lire, alors ça m'a donné envie haha. Ce prince a l'air d'être de ces personnages exécrables, puissants et profonds que j'adore et déteste à la fois (si vous avez lu "Les Hauts de Hurlevent" d'Emily Brontë, Heathcliff correspond parfaitement à cette description haha). Encore une pièce assez courte que je pense lire à coup sûr !

4. "Un long chemin vers la liberté", de Nelson Mandela.
"Commencés en 1974 au pénitencier de Robben Island, ces souvenirs furent achevés par Nelson Mandela après sa libération, en 1990, à l'issue de vingt-sept années de détention. Rarement une destinée individuelle se sera aussi étroitement confondue avec le combat d'un peuple et le devenir d'une nation. Né et élevé à la campagne, dans la famille royale des Thembus, Nelson Mandela gagne Johannesburg où il va ouvrir le premier cabinet d'avocats noirs et devenir un des leaders de l'ANC. Dès lors, à travers la clandestinité, la lutte armée, la prison, sa vie se confond plus que jamais avec son combat pour la liberté, lui conférant peu à peu une dimension mythique, faisant de lui l'homme-clef pour sortir son pays, l'Afrique du Sud, de l'impasse où l'ont enfermé quarante ans d'apartheid. Document majeur sur un des grands bouleversements de la fin du XXe siècle, ce livre est aussi le témoignage d'un combat exemplaire pour la dignité humaine."
Ce livre, lui, m'a été conseillé par mon amie Mérande et je l'en remercie ! Je me sens presque obligée de lire l'autobiographie de ce très grand homme qui a si bien réussi à changer le monde. Je ne connais que les grandes lignes de la vie de Nelson Mandela, j'ose espérer que ces quelques 768 pages m'apporteront de nouvelles connaissances, haha ! C'est effectivement un énorme pavé et je n'en ai pas lu de tels depuis très longtemps, mais, en sachant que les témoignages me touchent et me fascinent toujours, je suis plutôt motivée.

5. "Carrie", de Stephen King.
"Une adolescente sans beauté, mal dans sa peau. Des camarades de classe dont elle est le souffre-douleur. Un bal de fin d'année. Un piège cruel qui fait tout basculer. Un voyage sans retour au bout de l'enfer."
Conseillé par Tina (oui je sais vous entendez beaucoup parler d'elle il va falloir s'habituer hihi), qui a vu le film et l'a bien apprécié ! Mon premier Stephen King, je ne sais pas quoi penser du résumé, même si je craigne que ce soit une basique revanche assez prévisible... Mais j'attends d'être surprise ! 
Cependant, je connais quelqu'un qui n'aime vraiment pas les romans de cet auteur à cause de sa mentalité qui, apparemment, la laisse à désirer... 
De plus, je n'ai pas vraiment l'habitude de lire des "histoires d'horreur" et je n'ai pas vu le film (ça vaut peut-être mieux ?). Cependant le thème des revanches est toujours intéressant, à mon avis, et il y a beaucoup de choses à explorer dedans. J'ai peur d'une déception pour ce roman, mais bon, il m'attire tout de même beaucoup (comme tous les ouvrages, certes, haha). J'ai vraiment hâte de pouvoir vous donner mon avis et de enfin savoir si ce livre me plaît ou non !

C'est ainsi que je vous quitte ! Vous verrez probablement la suite de cette PAL la semaine prochaine, jeudi ou dimanche je pense. Quels livres comptez-vous lire cet automne ?

Bien à vous,

Félicie

jeudi 25 septembre 2014

Chronique : MARINA.

Chronique : "Marina"

De Carlos Ruiz Zafon.


  • Auteur : Carlos Ruiz Zafon.
  • Traducteur (de l'espagnol) : François Maspero.
  • Nombre de pages : 303 (éditions Robert Laffont).
  • Maison d'édition : Robert Laffont.
  • Date de parution : Juin 1999 en VO, janvier 2011 en VF.
  • Genre : Fantastique.
  • Prix : 19,50 € chez la Fnac (grand format).
  • ISBN : 978-2221116524
Résumé :

"Dans la Barcelone des années 1980, Oscar, quinze ans, a l'habitude de fuir le pensionnat où il est interne. Au cours de l'une de ses escapades, il fait la connaissance de Marina. Fascinée par l'énigme d'une tombe anonyme, Marina entraîne son jeune compagne dans un cimetière oublié de tous. Qui est la femme venant s'y recueillir ? Et que signifie le papillon noir qui surplombe la pierre tombale ? S'égarant dans les entrailles d'une terrifiante cité souterraine, s'enfonçant dans les coulisses d'un inquiétant théâtre désaffecté, Oscar et Marina réveillent les protagonistes d'une tragédie vieille de plusieurs décennies."

Mon avis :

J'avais entendu pour la première fois parler de ce roman en 2011 ou 2012, et je l'avais déjà gravé dans ma mémoire à lire plus tard. J'ai un peu honte de reconnaître l'avoir fait des années plus tard : je passais à côté d'une œuvre merveilleuse. Ce roman a été un coup de cœur, il a été le deuxième à me faire monter les larmes aux yeux, j'ai rarement autant adoré un livre.

Tout d'abord, j'ai beaucoup aimé le cadre spatio-temporel : Barcelone, 1980, ville brumeuse enfouie sous une couche de nostalgie et remplie d'habitations désaffectées. La nostalgie est un sentiment qui revient beaucoup dans ce récit : quasiment tous les lieux évoqués en ont en eux. On découvre une Barcelone bien loin de celle que les clichés nous dictent aujourd'hui : soleil brillant au-dessus de la Sagrada Familia, touristes, plage et modernité, bien au contraire.

Les personnages sont extrêmement complexes. Je ne parle pas tant d'Oscar et de Marina qui, bien qu'exceptionnels, sont plutôt simples à cerner, mais davantage des autres, les adultes dont on ne parle pas dans le résumé : Shelley, Mihaïl Kolvenik, Eva Irinova... Ils ont cela de particulier qu'ils ont en eux une humanité finalement très évidente malgré le mal qu'ils portent en eux. Même le pire personnage est à la limite du pardonnable - il faut lire ce livre jusqu'aux dernières pages pour comprendre pourquoi. Carlos Ruiz Zafon a su se familiariser avec ses personnages mieux qu'avec des amis : on décèle le temps, la patience que l'auteur a pris pour élaborer chaque détail de la personnalité de tous les individus.

L'histoire en elle-même a une fin très inattendue, personnellement je ne m'attendais pas du tout à ça, et pourtant ce dénouement m'a énormément plu - à vrai dire j'aurais moins apprécié cette œuvre si la fin avait été autrement. Durant toutes les pages, le suspens se fait sentir, presque palpable : il y a tellement de mystères dans cette histoire, de zones d'ombres, qu'on s'attend à chaque ligne à une révélation, et je me surprenais parfois le souffle court, les yeux rivés sur ma liseuse, complètement absorbée dans ma lecture, ce qui m'arrive très rarement. Il y a de l'action tout le temps, certaines scènes font parfois un peu peur. Je déconseillerais d'ailleurs ce livre aux âmes très (très très très...) sensibles : certains détails ne sont pas très... frais. A mes yeux, c'est aussi cela qui rend ce livre exceptionnel : les mots employés ne sont pas "déguisés", quand il y a quelque chose de trash, c'est trash : cela rend l'atmosphère délicieusement dérangeante. C'est très bien écrit même si les mots employés sont très simples, d'un registre plutôt courant et parfaitement à la hauteur d'adolescents de plus de treize ans (bien sûr, si vous vous en sentez l'envie, rien ne vous empêche de le lire à douze ans, je sais que je l'aurais fait, haha, cependant, retenez bien qu'il y a beaucoup d'informations très importantes dans ce récit, qu'il faut retenir car elles ont un rôle décisif pour la suite). Le seul point (et encore j'ai dû le chercher car je n'aime pas ne faire que des éloges sur un livre) négatif que je pourrais relever serait qu'il aurait fallu un peu plus creuser la relation entre Oscar et Marina. Mais même sans cela, ce roman reste proche de la perfection.

♥♥♥♥♥
Un réel coup de cœur.

"Nous ne nous souvenons que de ce qui n'est jamais arrivé."

Les autres romans de Carlos Ruiz Zafon (que j'ai très envie de lire !) :
- La trilogie "Le Cimetière des livres oubliés" : L'Ombre du vent, Le Jeu de l'ange, Le Prisonnier du ciel.
- La trilogie "Trilogie de la brume" : Le Prince de la brume, Le Palais de minuit, Les Lumières de septembre.